Moi, ma vie et mon psy !

27 mars 2009 par  
Classé dans Quotidien, Socio

psypictos

Il y a parfois des périodes de la vie durant lesquelles on a besoin d’aide. Une aide que ni vos amis, ni votre famille ne peut vous apporter. C’est en faisant ce constat que j’ai décider d’aller « consulter ». Récit de ma vie avec ma psy !

Vie amoureuse en friche, boulot de tarée, moral dans les chaussettes, plus envie de rien. Voici en quelques mots l’état dans lequel je me trouvais il y a quelques temps. Bien évidemment personne ne me comprenait : « Comment pourraient-ils comprendre ce que je leur raconte et ce que je vis d’abord ? Même moi je m’y perds ! Pis d’abord tous des nazes ! »
Personne ne m’apportait de solutions et plus le temps passait plus j’étais totalement déboussolée… l’idée de consulter un « professionnel » m’avait effleuré l’esprit plus d’une fois, mais la tête bien pétrie d’idées reçues, je ne pouvais m’y contraindre, car d’une part on consulte un psy quand on est malade ou anormal et d’autre part je ne suis ni malade ni anormal seulement complètement à coté de mes pompes !
J’ai décroché mon téléphone pour prendre rendez-vous la première fois que j’ai entendu : « Tu sais je crois que tu devrais aller voir quelqu’un. J’ai une adresse si tu veux.»

Autant vous dire qu’après avoir composé le numéro du fameux Docteur, je ne faisais plus, mais alors plus du tout la maline. C’est avec une toute petite voix, une grosse boule dans le ventre, et lesreflexion mains moites que j’ai noté la date et l’heure de mon premier rencart avec  ! « Ah !!! nous y sommes je deviens une de ces paumées qui ont leur psy comme à la télé… »
Comme bien sûr je n’avais aucun problème, je m’imaginais cela comme une visite de routine au garage : « Bon bah ma p’tite dame, on va vous faire la vidange, vous changer les essuie- glaces, réparer le truc qui glingue dans le moteur et changer ces vilains pignons qui craquent. On vous fait ça dans la journée, ça fera 100 euros !»
Inutile de préciser que j’aurais largement préféré que ça se passe comme ça ! Mais non…

45 minutes de métro. De quoi gamberger et se préparer à la première rencontre.
« Alors, c’est le grand jour, qu’est ce que je vais pouvoir lui raconter ??? Bah ma vie, c’est bien. Ouais, je vais faire ça tiens ! »

Et c’est parti pour ¾ d’heure à parler de moi, ma vie, mon œuvre. Première angoisse énoncée : « Je ne veux pas prendre des médicaments ! » Réponse : « On verra, mais pour l’instant pas de médicaments. » OUF !
Mince alors, ça fait bizarre quand on a eu l’habitude de penser à son Jules, ses potes, sa famille, son boulot, son chien, sa maison, sa voiture et sa liste de courses avant d’attaquer les soucis de sa petite personne. Pas facile, mais ça vient très vite. « Mon dieu, mais je deviendrais presque une vraie égoïste ! »
Deuxième angoisse : « Va-t-elle me trouver normale ? Est-ce que je dois un peu enjoliver le truc pour qu’elle me dise que je n’ai pas besoin de venir poser mes fesses sur son fauteuil toutes les semaines ? »
Non, non, et non, je joue franc jeu !

Et c’est comme ça que depuis plusieurs mois maintenant j’ai un rendez-vous toutes les semaines avec ma psy. Les tentations de la prendre pour une copine ont très vite été oubliées, car nous ne sommes pas ici pour faire la causette et taper le carton, et puis parce qu’on ne fait pas un chèque à ses copines !
Au début, je me disais que ça ne servait strictement à rien, puis peu à peu elle a mis le doigt sur du lourd, du très lourd : l’enfance, l’adolescence, les parents, la place des hommes dans ma vie, mes amis, mon boulot… et à partir de ce moment là des moment de réflexion profonde se sont fait une place de choix dans mon planning. « T’as deux minutes, tu ne sais pas quoi faire… ? Bah épluche un peu ce qu’elle t’a dit ! » On met 2€ dans la machine et c’est parti pour des heures de folie ! Je peux vous assurer que les trajets en voiture et les soirées sont bien occupées dans ma caboche, ça ne chôme pas là-haut. Je ne vous parle même pas de l’activité nocturne de mes neurones et les rêves incroyables que je fais. Un truc de dingue !
Evidence
Petit à petit, j’ai commencé à y voir plus clair, et à mieux comprendre ce qui se passait en moi et autour de moi. Pourquoi tout avait basculé dans ma vie, et pourquoi aller consulter quelqu’un était devenu une évidence pour moi. Elle m’aide, elle me soulage, et les autres avec car je pense que je suis nettement moins insupportable qu’avant ! Je retrouve progressivement la stabilité qui me faisait défaut, et ça c’est drôlement chouette.

Je ne sais pas combien de temps mes petites visites hebdo vont encore durer, certainement jusqu’à ce qu’elle me dise que je suis suffisamment forte pour tenir toute seule sur mes cannes et que je peux ranger les béquilles au placard, ou alors que ce soit moi qui prenne la décision de m’affranchir de ces rendez-vous. Toujours est-il que c’est certainement la chose la plus dure que j’ai eu à réaliser dans ma courte existence et que je ne regrette rien. Cette introspection fut et est nécessaire pour que je puisse un jour être heureuse, enfin heureuse à 100%.

Merci Docteur !

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