Casse Noisette au Théâtre du Bolshoi à Moscou
25 janvier 2010 par Anne Claire
Classé dans A la Une, Culture, Voyages
Je n’étais jamais allé voir de ballets, mes derniers souvenirs de danse remontant à mes 5-6 ans quand ma mère a essayé de me faire enfiler tutu, justaucorps et ballerine. Un essai rapidement abandonné, moi, ce qui me plaisait, c’était de sauter des haies et de courir plus vite que les garçons (et j’y arrivais !)
Et pourtant, la danse classique, j’aime ça. Et je voue une admiration sans limite aux danseuses. Ces arraignées élastiques capables de s’astreindre à une discipline de fer dès le plus jeune âge, elles m’impressionnent.
J’ai eu la chance de pouvoir assister à un ballet pendant mon séjour en Russie, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Casse-Noisette (conte d’Hoffman et ballet est composé par Piotr Tchaïkovski).
Pas n’importe où non plus puisque je l’ai vu à Moscou, dans l’annexe du Théâtre du Bolshoi (qui est toujours en travaux), avec la troupe du Bolshoi, réputée comme l’une des meilleures troupes au monde.
Et le spectacle a commencé bien avant d’entrer dans la salle !
J’ai assisté à une représentation en journée, les places avaient été achetées la veille au black devant le théâtre pour 5000 roubles (environ 125 Euros). Le soir, les places étaient bien plus chères et de toutes façons, introuvables, même au black.
J’arrive donc devant le théâtre qui ne paie pas de mine … de l’extérieur …
Les russes se font très chics pour aller voir le ballet, robes longues, costume cravate, nœud papillons, chinons, petites filles en robes de princesse … Au vestiaire, on nous remet une petite paire de jumelle sans payer de supplément.
On arrive ensuite très difficilement à entrer dans la salle (tout étant écrit en russe et les russes ne faisant toujours pas d’efforts pour parler anglais  - ou tout autre langue-).
Je suis à 4 rangs de l’orchestre, qui reste invisible pendant tout le ballet, principe du ballet, seul le chef d’orchestre monte sur scène à la fin. Une bonne trentaine de musiciens qui s’agitent et laissent les danseurs sous la lumière, c’est vraiment incroyable.
Difficile d’expliquer ou de décrire le spectacle que j’ai eu sous les yeux, pour résumer, je suis restée scotchée au fond de mon fauteuil et je crois que si quelqu’un s’était oser à regarder mes yeux plutôt que le ballet, il y aurait vu plein d’étoiles.
A l’entracte, descente dans le hall d’accueil où les hommes en profitent pour fumer allègrement tandis que Mesdames savourent une coupe de champagne et de caviar. Là aussi, un sacré spectacle ! Aux toilettes elles se repoudrent le nez, réajustent leur chignon, les mères défroissent les robes de leurs filles, on pourrait croire que ce sont elles qui sont sur scène !
Retour en salle ou les spectateurs en profitent pour allez voir ce qui se passe entre la scène et les sièges : l’entre des musiciens !
Queue de pie, brushing impeccables, ils ajustent leurs instruments sans prêter attention aux regards des curieux.
Se retrouver au milieu de tout ça, ne comprenant pas un mot de ce qui se disait, c’est assez magique.
Le ballet reprend, acte 2, je suis embarquée une nouvelle fois et c’est bien tristement que je me lève de mon siège, mal aux mains à force d’applaudir, je rends les jumelles (sans manquer de m’énerver contre quelques russes décidemment pas assez éduqué – pour ne pas dire pas du tout éduqué- qui poussent et passent devant toi sans gène).
Je retourne dans la neige, dans ma doudoune, les pieds dans mes bottes, sous mes 3 couches de pulls et garde en tête cette jolie danseuse qui paraissait si fragile et je me demande ce qu’elle va faire après … Est-ce qu’elle va reprendre une vie normale et troquer ballerines contre moon boots, tutu contre fourrure ?
Et puis je me dis qu’il vaut mieux rester avec cette belle image, elle restera donc au Bolshoi à faire ses cabrioles et arabesques et moi, je me surprends à tenter de faire des pointes dans le métro. Casse Noisette au Bolshoi, ça laisse des traces !
Visuels : Joe Mc Nally et Théâtre du Bolshoi









Quelle chance, quelle féérie, j’en ai des frissons rien qu’à te lire !
Raaah Anne-Claire comme je t’envie !
J’ai vu deux fois Casse-Noisette à Bastille (il y a deux ans et cette année, pour mon anniversaire) et à chaque fois j’ai pleuré à chaudes larmes.
C’est étrange car je ne suis pas si émotive, mais la musique est si belle et le ballet si bien chorégraphié que ça me déclenche un torrent d’émotions fortes.
J’écoute très souvent Tchaikoswky sur Spotify, à l’occasion essaie de réécouter ce baller tranquillement chez toi, tu verras tous les souvenirs de ta soirée ressurgir !
Seulement aller à ce théâtre doit être un événement, un vrai spectacle en soi même.
A bientôt
Elisa, Argentine
je vais en Russie pour la première fois très bientôt, et je dois dire que je ne sais comment organiser mon séjour, peux-tu maider? je vais à moscou
merci
Bonsoir
tu as pas trop galéré pendent ton voyage? (surtout pour le métro je pense)
J’aime beaucoup ton article , il ma fait rire surtout quand tu as dit que les Russe fesait peu d’éfforts envers les étrangers , car je suis d’origine Russe et je suis TOUT A FAIT d’accord sur ça !
Sinon je suis allée a ce théatre étant petite pour voir en + la représentation de carmen , qui est a l’origine un opéra FRANÇAIS! Je me souvient plus trop , j’avais 8 ans mais je me souvient avoir voulu faire de la danse classique aprés….
J’ai eut l’occasion de voir ce ballet( mon premier) à l’opéra bastille et effectivement c’est juste une merveille pour les yeux et les oreilles!!!
provinciale ,j’ai connu ce choc du premier ballet à BASTILLE c’étaitle LAC DES CYGNES je n’avais pas envie de me lever,j’avais les larmes aux yeux.Je viens de lire DANSEUR de COLUM MAC CANN sur la vie de Noureiev c’est un grand moment d’émotion.
Quelle chance!
J’envisageais justement Moscou comme potentielle destination de voyage cet été et le Bolchoï me tentait énormément. Ton article ne fait que me donner plus envie encore!