Sages-femmes : cigognes mais pas pigeons

8 novembre 2013 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Maternité

J’ai très longtemps voulu être sage-femme, pas par passion des bébés, mais pour le côté médical, humain, psychologue, parce que le domaine hospitalier m’a toujours attiré, et parce que c’est un métier utile.
Je rêve toujours d’une seconde, troisième, ou quatrième vie, on ne sait jamais, peut-être qu’un jour je vais oser me lancer ?

De manière générale, je suis horrifiée par les conditions de travail dans le domaine hospitalier, par les heures de travail, par la pression, le peu de considération et le salaire plus que minable en comparaison avec le travail effectué (pour une sage-femme : 1.621 euros en début de carrière et de 2.691 euros en fin de carrière, primes et indemnitiés comprises)

Quatre années d’étude après la 1ère année de médecine (réussie),  soit 5 ans au total, mais un diplôme reconnu Bac +3,  manque de reconnaissance (pourquoi est-ce qu’on devrait plus admirer la personne qui traite nos caries ou qui nous vend nos médicaments?!), absence de reconnaissance en tant que « profession médicale de hookuphangout premier recours » (elles sont assimilées au personnel non médical dans les hôpitaux, un comble !)
Et pourtant, elles suivent les grossesses, réalisent 70% des accouchements seules, peuvent faire des épisio et des sutures, peuvent prescrire une contraception, peuvent réanimer les bébés, elles peuvent suivre les jeunes mamans après l’accouchement … et elles ont même la lourde tâche de gérer les papas en salle d’accouchement !
Et au delà de toutes leurs compétences professionnelles, ce sont elles qui gèrent l’humain en salle de naissance, ce sont elles qui donnent un côté humain à l’hôpital, ce sont elles qui sont aux côtés des mamans pendant l’accouchement (et certainement pas le médecin qui vient juste pour dégainer les forceps ). On parle même d’épisio de sage-femmes VS celles des médecins, ça veut tout dire …

Ce sont elles qui tout au long d’une grossesse sont là pour rassurer les futures mamans, pour les accompagner …
J’ai été suivie à Necker, je n’ai rencontré que des sages-femmes adorables et très professionnelles, très humaines, toujours de bonne humeur, souvent drôles, dédramatisantes. J’ai fait ma préparation avec une libérale, tout aussi adorable et pro, et je crois que je me souviendrais toute ma vie de Déborah, qui a posé ma fille sur mon ventre le 5 novembre 2011 (et aussi de Brice, l’anesthésiste, un canon venu me poser la péridurale, autant dire que je n’étais pas alors au top du glamour avec ma blouse de l’humiliation et ma culotte filet …mauvais timing …)

Alors à Déborah et Gladys, de l’Hôpital Necker, et à toutes ces femmes admirables (et aux hommes, aussi !), on ne sait jamais si vous passez par là, un très grand MERCI, vous êtes formidables.

Aujourd’hui les sages-femmes ont marché pour faire valoir leurs droits, et elles portent un brassard en salle d’accouchement.

Cigognes, mais pas pigeons …

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Comments

2 Réponses pour “Sages-femmes : cigognes mais pas pigeons”
  1. Morgane dit :

    J’ai envie de te dire merci pour cette article qui me fait clairement voir d’un autre angle ce métier (je ne connais rien du domaine « médicale »)… Par contre je tenais a donner mon avis sur les docteur, j’ai eu en généraliste autrefois un homme et maintenant une femme, et honnêtement la femme est bien plus a l’écoute (et ne me donne pas n’importe quoi)… Bref en tout cas j’ai aimer cette article qui m’a fais un peu découvrir ce que la sage femme fais et les injustices a leur egart

  2. Blandine dit :

    Je te rejoins complètement.
    Elles sont en première ligne, pour les plus beaux mais parfois les plus durs des moments. Elles sont l’âme d’une maternité et leur humanité.
    Elles sont essentielles.

Libère ton esprit

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