Je vieillis … oui mais pas trop vite

8 juillet 2009 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Quotidien

sally-mann-cara
Les années entre 25 et 30 ans ne sont, je pense, pas les meilleures années.
On est entre la jeune fille et la femme, la vraie.
Entre 25 et 30 il doit s’en passer des choses dans la vie d’une femme si l’on en croit les statistiques : mariage, premier, voir deuxième enfant, évolution dans la vie professionnelle, bref, on en devrait pas chômer.
Pourtant, quand on vit à Paris, qu’on a quelques années d’études derrière nous, qu’on choisit un domaine professionnel ne favorisant pas vraiment la construction sentimentale, ces années ne sont pas forcément les meilleures.
On voit, si on a grandit en province, nos copains de collège/lycée se marier, faire des gamins, acheter une maison, tandis que nous, à Paris, on cherche plutôt un appart au loyer en dessous de 1.000 Euros, un job au dessus de 2.000 Euros, et un mec capable de suivre cette vie un peu folle. Pas simple tout ça.
Alors il faut se rassurer comme on peut.
Quelques pistes pour se réjouir :

- Quand on a 27 ans, on ne peut décemment pas coucher avec un mec de 10 ans de moins, pourtant on ne vire pas gérontophile si on couche avec un mec de 10 ans de plus. Bon point.

- Généralement il nous suffit de miser sur des crudités ou des protéines pour perdre 1 kilo en 2 jours. Dans 10 ans, on s’en débarrassera moins rapidement.

- Comme on est locataire, on peut se dire qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait, qu’on va peut-être tout lâcher pour aller vendre des colliers de coquillage sur les plages du Brésil, ou pour ouvrir un café en Provence.

- Comme on ne gagne pas énormément, on ne peut pas vraiment mettre d’argent de côté, donc on en profite plus au quotidien.

- On a généralement des jobs qui font rêver les petits cousins « Ma cousine elle bosse dans la pub à Paris », « Ma cousine elle travaille sur Internet ». Y’en a, ça les fait rêver …

- Quand on retrouve nos copains de collège/lycée on passe pour l’originale de la bande, celle qui « est montée à Paris », qui a pris en main son destin … Alors que bon …

- On peut se dire que, puisque pas d’enfant, pas de mari, on est totalement libre, on fait l’objet de dossiers réguliers dans la presse féminine. « Ces femmes qui s’assument », « Je privilégie mon métier à ma famille » et autres marronniers.

- Les amis se marient, jouent les entremetteurs aux mariages. Pas toujours fructueux mais au moins ça fera des souvenirs.

- On arrive encore à sortir 3 fois par semaine sans avoir besoin de poser un congé maladie pour récupérer.

- On nous appelle encore « Mademoiselle », par contre on n’aime pas quand d’office on nous tutoie dans la rue ou quand on fait nos courses.

- On se dit qu’on a encore le temps pour l’anti-ride, même si on est souvent rattrapés par les discours marketing

- On ne prend pas peur quand on ne porte pas de soutif, le test du crayon est passé haut la main

- On peut gruger au tarif étudiant et si on a dormi plus de 5heures, on peut se tenter le tarif moins de 20 ans chez le coiffeur !

Alors les quelques années qui nous séparent de la femme responsable et qui s’assume qu’on va devenir, on en profite parce qu’on sent bien qu’on prend la bouteille :

- On se sent parfois largué quand on entend des petits jeunes parler entre eux

- On se sent vieille quand on sort en boite, nette impression d’être entourée de lolitas et de lolitos

- Les participants aux émissions de télé réalité peuvent avoir presque 10 ans de moins que nous. Pendant les 3 premières années de la StarAc, ils avaient mon âge les gagnants … Un signe qui ne trompe pas.

- On ne comprend pas les goûts vestimentaires des djeuns. Heureusement, la tektonik semble être morte, là on s’est vraiment pris la grosse claque

- Nos grands-parents nous ont parlé de la guerre qu’ils avaient connu et nous racontaient

- Nos parents sont des babies boomers pour qui on va raquer sévère

- Il nous arrive de faire encore la conversion en francs pour des grosses sommes

- On a connu l’ère Mitterand, la mort de Gainsbourg, de Michel Berger, de Patrick Roy, de Freddy Mercury, on se souvient du bicentenaire de la révolution, de la guerre du Golfe, on a connu les sacs de riz à l’école. Ça nous rajeunit pas mais on a au moins l’impression d’avoir vécu des choses historiques.

- On se prend pour des trendsetters parce qu’on s’est mis à Internet avant les autres, qu’on a eu le 1er iMac, qu’on a connu l’époque des dossiers sur 3 disquettes ou du Zip.

Alors, vieille ou pas ?! C’est  mieux après 30 ans ? (mentez si ça n’est pas le cas)

Photo : Sally Mann, une photographe de génie qui a revisité les traditionnels photos de famille, allez voir ce qu’elle fait c’est vraiment surprenant.
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