Discrimination et préjugés sur la femme asiatique au travail

7 janvier 2010 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Quotidien

discrimination raciale

Et une nouvelle invité sur Caractérielles !

Hyun, française d’origine asiatique nous raconte son quotidien au travail, pas facile en étant d’origine asiatique de se faire sa place, les préjugés sont toujours là et compiler femme + asiatique ne jouepas en sa faveur … et pourtant !

Le monde du travail, ses dérives, son immobilisme et comment « réussir » lorsque l’on est une femme française d’origine asiatique.

On se pose beaucoup de questions sur la Crise et sur le Chômage. On se demande toujours pourquoi cela arrive en France, qu’est ce qui nous a conduits à autant de dérives et finalement d’immobilisme.

Peut-être faut-il simplement lever le voile sur un système qui nous mène définitivement à l’échec. Où comment des hommes et des femmes à la tête de sociétés ont instauré des systèmes de féodalisme, de haine et de racisme.

Ce qu’il est important de souligner, c’est que ces personnes arrivées à un certain pouvoir ne sont pas pour la plupart d’entre eux arrivés grâce à leurs compétences et leurs diplômes mais plutôt grâce à la « famille », l’argent ou un sens de l’arrivisme aigue.

Grâce à cela, on en voit beaucoup qui se dotent de « pouvoirs ultras surnaturels » tel que le nombrilisme, la surestimation de soi et le dénigrement de leurs employés.

Là, je sens que certaines personnes vont bondir de leurs chaises et me prendre pour un anti-patron. Mais attendez de lire la suite…

Cependant, on trouvera très régulièrement 10 fautes d’orthographe sur un seul email qu’ils vous enverront, l’incapacité de vous faire une mise en page ou un tableau sur un document Word ou Excel… Des informations dans tous les sens, des dossiers que votre patron ne connaît même pas mais que vous devez deviner…

Le plus important dans ses systèmes de travail, c’est que vous devez vous estimer chanceux d’avoir du travail et « un super patron » qui vous laisse de  « l’initiative »….

Dans mon cas et sans aucune prétention, il m’est parfois arrivé de mieux réussir certaines choses que mon patron. C’est là que vous devenez une « certaine menace potentielle et étrangère » et que les choses vont commencer à se corser. Ainsi jaillie la notion de « terrorisme intellectuel » :

Le premier argument est souvent :

-       « Je ne vous fais pas confiance… ». Ainsi vous vous voyez exclue de certains rendez-vous professionnels extérieurs. Pourtant, vous êtes mobiles, toujours à l’heure, vous n’avez jamais posé d’arrêts maladies en 5 années d’expériences professionnelles, vous rendez vos dossiers en temps et en heure, vous faites souvent des heures supplémentaires…

Le deuxième argument :

-       « J’ai eu un client qui m’a appelé pour se plaindre de votre comportement au téléphone… ». Ainsi, vous devenez un élément perturbateur de l’entreprise. Pourtant lorsque vous demandez ce que ce client a dit, vous ne savez toujours pas pourquoi il n’a pas été satisfait…mystère ou harcèlement ?

Le troisième argument :

-       on vous prend la tête sur des détails, du style « non, on ne met pas cela en phrase d’introduction dans une lettre ou on ne range pas comme ça la chemise du document du dossier …………….(« coma »). Par contre, vous avez réussi à décrocher un contrat ou finaliser une affaire en cours, juste deux jours avant. Ou encore refait toutes les fiches techniques de la société….

Dans mon cas, il m’a fallu énormément de temps avant de comprendre ce système pervers.

Je me disais que c’était normal, que ces arguments étaient bien placés et que surement avec de la ténacité et de la persévérance, j’obtiendrais un poste plus intéressant au bout d’un certain temps….

Mais ce que j’ai finalement obtenu dans certains cas (pas dans tous heureusement, j’ai quand même connu des supers sociétés) c’est un long cycle de réflexions déplacées, de vexations en tout genre. Jamais sur mon travail mais plutôt sur mes origines asiatiques et le fait d’être une femme.

Certains employeurs vous estimeront vraiment tant que vous resterez au bureau à vous occuper de la paperasse. La femme au bureau, l’homme aux affaires…. Au secours !

Le plus comique que j’ai pu entendre, c’est un jour une femme qui m’a dit : « mon mari et moi avions une société de personnels de ménage avant. Nous avions des noirs, des portugais, des arabes. Alors c’est vous dire combien nous n’étions pas racistes … » Je laisse chacun se faire son commentaire …..

Une asiatique est une super femme au travail mais dans l’ombre. Parce que la femme du patron ou la collègue de travail qui vous connaît ne supporterait pas qu’une « femme typée » puisse être mise en avant, plus qu’elle.

J’ai du donc culpabiliser à de nombreuses reprises d’être née avec une cervelle mais aussi une taille très fine, aucun soucis de poids, une bonne chevelure et une peau plutôt clean. J’ai même parfois entendu que ce n’était pas possible que je puisse être intelligente…

Je ne compte même pas le nombre de stéréotypes du « villageois » ou du « protectionniste » qui croit encore que les femmes asiatiques sont des pros du massage et sans caractère. Il ne faut pas confondre discrétion avec soumission. Quand on sait que la Chine connaît depuis 5 ans, 9% de croissance économique par an et que le Japon possède des avancées technologiques que nous n’avons même pas encore en France, comment peut-on refuser les compétences de personnes asiatiques en France ? Qui a dit que les asiatiques souhaitaient dominer le monde ? Si l’on regarde les échanges commerciaux sur ces dernières années, on constate surtout une envie de collaborer, de fructifier le commerce international et un respect profond des cultures européennes et mondiales.

Il y a des secteurs beaucoup plus spécialistes dans ce domaine, notamment où la notion de terroirs et de monarchie règne encore.

« Protégeons nos terres et nos traditions, ne nous laissons pas envahir par les étrangers qui n’en veulent qu’à notre argent et qui ne respectent rien ! »

« Donnons la priorité aux membres de la famille, sans les compétences, l’important c’est surtout de préserver son arbre généalogique au travail… ! »

Oui, ça renforce le chômage et la crise ! Bravo !

Bref, on vous trouve toutes les excuses nécessaires pour ne pas vous faire évoluer comme cela devrait l’être. Mais à aucun moment, on est capable de vous avancer trois arguments tangibles pour vous prouver que vous ne pouvez pas correspondre au poste et aux compétences exigées…C’est dire …

Rendez-vous sur Hellocoton !

Quand sa co(llègue)pine s’en va …

15 décembre 2009 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Quotidien

t&l

On le savait, on s’y préparait, mais bon, c’est quand même dur quand sa collègue d’enfer se barre. Même si c’est pour se lancer, qu’on sait que son business va marcher et qu’on a entière confiance en elle, n’empêche, le quotidien au boulot n’est plus le même. En arrivant pour son 1er jour, elle a tout de suite posé les bases en débarquant dans le bureau, armée d’un paquet d’un kilo de fraises Tagada.

Et là, j’ai tout de suite su que ce serait le début d’une longue histoire !

Et oui, quand on bosse en binôme, même sur des comptes clients différents, il n’y a pas de secrets, on est deux à se soutenir et c’est tout. Dans notre métier, nous sommes aussi bien conseillère en communication de crise (ou pas d’ailleurs), rédactrice à nos heures, organisatrices d’évènements, ou même assistantes sociales dans certains cas (je vous jure !), j’en passe et un peu de soutien de temps en temps, ça ne mange pas de pain. Même que bien souvent, l’amitié prend le dessus. Perso, des collègues qui se lèvent à 7h du mat un samedi pour être sur le pont le jour d’un évènement, j’en ai connu qu’une seule.

On n’est jamais trop de deux pour expliquer à des collègues qui ne connaissent pas notre métier ce qu’est un flux RSS, la différence entre un blog et un forum, que ce n’est pas parce qu’on bosse « dans le web » qu’on ne passe notre temps sur Facebook, Twitter et YouTube, et que oui, ces outils peuvent aussi s’utiliser de manière professionnelle.

Quand je dis « comment on fait pour mettre plusieurs flux dans mon aggrégateur », c’est la seule qui me répond.

A l’heure du déj, un seul regard suffit à se dire « H&M ? » « J’aurais bien besoin de chaussures » ou « ça fait longtemps que je ne suis pas allée à la cueillette aux fruits, dis donc … » (comprenne qui peut !)

En deux ans de temps, on n’a toujours pas réussi à se mettre d’accord si la station de métro « des crêpes » c’était Chaussée d’Antin Lafayette ou Havre Caumartin …mais on sait qu’on a réussi à sauver Starbucks France de la faillite grâce à nos caramel macchiatto et chocolate java chip quasi quotidien.

C’est bien la seule à supporter l’album de Yelle en une matinée (pour info, ça faisait exactement sept écoutes de l’opus).

Parce qu’en arrivant le matin, il n’y a plus personne pour me regarder d’un air malicieux comme pour dire « Oh toi ma cocotte, t’as pas bu que du diabolo hier soir … »

Maintenant, plus personne ne joue aux chocos-mitraillette quand on est en plein brief client au téléphone et je ne sais pas si les Pago fraise chez Jean le soir auront la même saveur …

Pour conclure je dirais que deux dindes ne font pas un aigle, ça c’est sûr … mais que ça fait sûrement de sacrées morues ;)

ticettac

Rendez-vous sur Hellocoton !