L’égalité des salaires : en quel honneur ?

28 janvier 2010 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Socio

margaux-motin

Un peu de testostérone sur Caractérielles aujourd’hui, avec le retour de ce cher EW qui constate, une fois de plus, ce que seraient nos contradictions …

Chères caractérielles,

Hier soir, je retrouve deux amies à l’heure de l’apéro dans un petit bar où j’ai mes habitudes. Deux belles femmes de caractère, indépendantes et qui rêvent malgré tout sans vraiment chercher à s’en cacher du prince charmant. Dans leurs boîtes respectives, à compétences et ancienneté égales, elles gagnent autant que leurs homologues masculins. Du moins pour le moment mais elles ne voient pas pourquoi cela changerait. Moi non plus. A priori…

La discussion s’oriente très vite vers les relations hommes-femmes – en l’absence d’homosexuel(le) à la table et pour simplifier « l’argumentation » qui va suivre, on va se cantonner à l’une des trois options monogames possibles. Donc comme je vous le disais, ça parle Amour, flirts, plans cul, etc. Bref, une discussion on ne peut plus classique entre célibataires qui approchent la trentaine. Nous dévions sur les premiers rendez-vous, sujet qui ne me touchent pas particulièrement dans la mesure où… Non non, je m’écarte de la question là. Et je suis déjà sur le point de me mettre à dos toutes les femmes de France et de Navarre : inutile d’en rajouter. L’une de mes amies donc, abordent le thème du premier rencard au terme duquel, si tout se passe bien, les deux protagonistes se sautent dessus devant la porte d’entrée de l’immeuble de l’un ou de l’autre, s’arrachent les fringues dans l’ascenseur ou bien dans la cage d’escalier pour peu que le locataire des lieux vive au premier, avant que cela ne se termine en échange de flux organiques et enfilage de plastique dans des draps qu’il faudra vite mettre à laver si le tout a été effectué dans les règles de l’art – enfin surtout si vous avez prévu de récidiver le lendemain avec un nouveau « date ».

Une question me turlupine…

Je m’empresse de la poser à la pote en craignant la réponse :qui règle la note avant d’aller baiser ?

Le verdict est sans appel : le mec bien sûr !

Mes très chères caractérielles,

Comment voulez-vous que l’on s’en sorte si vous n’y mettez pas un peu du vôtre ? Je sais que nous, les hommes, sommes complices. Et moi le premier. J’ai certes tendance, dans mes excès féministes – si si –, à dire haut et fort que la galanterie est un concept désuet, révolu. Mais dans les faits, je conçois difficilement de laisser la belle inconnue du bar m’inviter. Et pour cause : il vient rarement à l’idée de la belle inconnue d’inviter le bel inconnu. Le règlement des consommations par l’homme est inconsciemment admis par les deux parties. Et moi qui me targue pourtant d’éviter les sentiers battus, j’ai dans ce domaine complètement intégré cet accord tacite entre les gents féminine et masculine. Or, qu’une belle femme prenne les choses en main en me payant une pinte de Guinness et je succombe aussitôt. Soyez entreprenantes nom de nom ! Et sortez la carte bleue ! Alors vous gagnerez le droit à l’égalité des salaires.

Et puis merde ! Vos orgasmes sont largement meilleurs que les nôtres et c’est bien là tout ce qui compte dans la vie. Et je ne parle pas des joies de la grossesse et des règles qui vous sont réservées. Ces révoltantes injustices ne suffisent-elle pas à légitimer quelques petites compensations ?

Visuel : la talentueuse Margaux Motin (que ce cher EW apprécie tout particulièrement ! )

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Pamphlet anti-vernis

26 octobre 2009 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Socio

vernis

On le voulait, on l’a -enfin- eu, notre premier spécimen à pomme d’adam sur Caractérielles !

Voici donc l’article d’EW et attention, on en prend pour notre grade !

Chères caractérielles,

Je ne m’étendrai pas sur la raison qui me pousse à publier mon premier et a priori dernier article sur la toile via un site que ma virilité m’interdirait de parcourir à l’occasion s’il n’avait été conçu par deux branleuses que j’ai à cet instant précis le malheur de compter parmi mes amis. Peu importe que ce soit un pari perdu qui m’amène ici ou bien la promesse d’un « post » en échange du raccommodage d’un bouton de chemise la veille d’un rendez-vous professionnel. Toujours est-il que je me demande bien ce que je suis en train de faire. J’en viens à regretter ma paresse : recoudre un bouton ne doit pas être si sorcier. Mais à défaut d’une maman à moins de deux heures de TGV et d’une nana avec qui l’on partage sa couette, il y a toujours une gentille pote pour prendre pitié d’un copain en détresse. Voilà comment je me retrouve embarqué dans la rédaction de cet article sans savoir de quoi que je vais bien pouvoir causer. M’enfin, la raison de ma présence parmi vous, qui devez déjà à la lecture de ces quelques lignes me prendre pour un cas typique de mec assisté, m’aura finalement quelque peu permis de meubler.

Chères caractérielles donc,

Bon c’est bien joli tout ça, mais les deux complices co-créatrices du site m’ont demandé de reprendre l’un de leurs articles avec un point de vue de mâle. Or que pourrais-je bien raconter au sujet des soins hydratants ? Du lissage brésilien à la kératine ? Des produits cosmétiques halal ? De la nouvelle pub Coco Chanel et de la croissance mammaire photoshopée de la belle Keira Knightley qui fait mine de cacher ce sein que l’on ne saurait ne pas admirer ? Ces thèmes ô combien passionnants restent en effet assez éloignés des préoccupations de tout bon mec qui se respecte : le cul, le sport et la bière. Ah, tenez, en voilà de belles d’idées reçues au sujet des hommes ! Et si je partais de là pour faire à mon tour une liste de stéréotypes dans lesquels je ne me reconnais pas ? Quoiqu’en y réfléchissant bien, je serais assez emmerdé : non je ne sais pas cuisiner et je ne fais aucun effort pour apprendre, non je ne fais pas le ménage, oui j’aime mater le foot avec les potes en picolant et oui je m’adonne très fréquemment aux joies de la branlette devant des vidéos peu catholiques sur internet. Et ce ne sont là que les moindres de mes tares masculines. Il y a bien pire : le refus de vieillir du jeune trentenaire et tout ce que cela implique sur un plan relationnel. D’ailleurs, à propos de relations, je pourrais prendre le contre-pied de cet article qui tente d’expliquer pourquoi les femmes se remettent mieux d’une rupture en vous demandant, chères lectrices, si au-delà de votre force de caractère, vous n’êtes pas tout simplement moins romantiques que nous, les hommes.

Mais que diriez-vous si au lieu de tout cela, je vous racontais pourquoi de nombreux mecs sont comme moi chaque été dépités par la proportion de femmes à se peinturlurer les orteils qu’elles arborent fièrement dans leurs spartiates ? Car c’est là un sujet qui me turlupine. Vous me répondriez probablement sans mauvaise foi aucune que sur ce point, vous vous moquez de l’avis des hommes en général et du mien en particulier, que vous le faites pour vous, pour vous sentir belles. Soit. Mais permettez-moi tout de même de vous le donner, mon avis. Car non seulement ce que vous prenez pour un souci du détail apparaît à mes yeux comme un excès de coquetterie. Mais en plus de me lancer en pleine gueule l’image d’une nana qui passe des heures à se préparer, vous attirez mon regard sur la partie de votre anatomie souvent la moins flatteuse. Non, je ne serai décidément jamais un fétichiste du pied. D’autant moins à la vue d’une dizaine d’orteils colorés, du noir – le moins pire, sans doute pour le côté rock and roll –, au vert fluo assorti de motifs et cumulé à une french manucure – le comble de l’horreur – en passant par le rouge – l’horripilant classique femme fatale. Et puis quelle idée de se balader les pieds à l’air ? Alors que vous êtes si belles, mes chères caractérielles, en Converse, en ballerines, en bottines, ou avec n’importe quelles pompes fermées sans talons aiguilles, hormis les espadrilles.

Le vernis est au maquillage ce que le talon haut est à la chaussure et la dentelle à la lingerie. C’est le détail qui tue… pour les hommes qui aiment les femmes apprêtées. Mais croyez-moi, les petites culottes Petit Bateau et les ongles vierges d’enduit vous vont beaucoup mieux. Quoi de plus magnifique en effet qu’une femme au style frais et innocent, de plus subtil que l’espièglerie caché derrière une légère naïveté, de plus brûlant qu’une chaudière camouflée ? Excusez-moi je m’égare. Et je m’excite tout seul pour ne rien arranger. Revenons à vos petons. Qu’il soit plus agréable de les libérer par trente-cinq degrés, je peux éventuellement le concevoir. Là où vous faites erreur, c’est en croyant les rendre plus séduisants – ou moins repoussants – avec un peu de couleur. Il conviendrait cependant de distinguer plusieurs catégories de porteuses de vernis. Car le rouge de la Parisienne en jeans slim et escarpins ouverts, par exemple, agace d’une tout autre façon que le rose de la jeune touriste anglo-saxonne qui cumule les fautes de goût impardonnables – je serais même tenté de dire rédhibitoires si un grand sage du siècle dernier n’avait savamment remarqué que dans rédhibitoire, il y a raidi… – en portant des tongs vertes et un mini short. Et que penser de celles qui ont pris le temps de mettre du vernis il y a de nombreuses semaines mais qui n’ont depuis pas fait l’effort d’enlever ce qu’il en reste ou de passer une seconde couche ?

Chères caractérielles,

Vous aimez les hommes forts, qui en ont dans la caboche, dans le caleçon et qui ne cachent pas de temps à autre leur côté féminin. Eh bien pour beaucoup de tordus dont je fais partie, la femme parfaite allie à son charme, à sa finesse et à sa malice, une légère part de masculinité qui notamment prohibe le vernis !

Mais  de toute façon, alors que vous avez paradé orteils au vent tout l’été, vous devez vous trouvez fort dépourvues maintenant que la bise est venue… Et bien que cela vous déplaise, sachez que j’en suis fort aise !

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