Quelques clichés vus, lus, ou entendus sur le métier de Community Manager …

19 mars 2013 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle

J’avais envie depuis un moment de parler de mon métier sur ce blog. Nous ne sommes pas un blog marketing / communication c’est vrai, mais après tout, c’est en partie grâce à ce métier que Caractérielles est né, puisque nous nous sommes rencontrées avec Anne Claire en agence il y a maintenant 6 ans, et que, un an plus tard, nous nous disions « et si on le lançait notre bébé ? ».

J’ai commencé à travailler en agence début 2007, en tant que Community Manager. A l’époque, le terme de « CM » n’était pas vraiment bien défini (même si on parlait beaucoup d’animateur de communautés, notamment sur les forums High Tech), Facebook n’existait pas encore (ou plutôt, il n’était pas utilisé en tant qu’outil par les agences), c’était LA « grande époque » des blogs (quand je dis « grande époque », j’entends plutôt forte médiatisation car je crois encore plus que jamais que les blogs ne sont pas « morts » comme on veut bien le faire croire en 2013, au contraire, ce sont les plus qualitatifs qui restent), la communauté des blogueuses « mamans » balbutiait, les tweetos étaient vus comme de vrais gros nerds et nous ne passions pas notre temps à photographier nos burgers sur Instagram.

Bref, le métier a énormément évolué, de nouveaux outils sont apparus, de nouveaux « influenceurs » aussi (même si ce terme est sacrément galvaudé aujourd’hui à mon sens) et je trouve qu’il a aussi gagné en visibilité auprès d’un public n’appartenant pas au cercle média / marketing / communication. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus un sujet tellement médiatisé que même mes parents – pourtant à des lieux d’être sensibles à ce type de sujets – comprennent que les marques ont aujourd’hui besoin d’animer leur présence sur Internet. Et, de plus en plus, quand on dit que l’on est Community Manager auprès d’un public non « averti », il est très fréquent de devoir essuyer des remarques qui – hormis le fait qu’elles soient fausses – peuvent parfois être franchement blessantes.

Petit aperçu personnel et subjectif (n’hésitez pas à rajouter les vôtres dans les commentaires si vous vous sentez concernés 😉 ) :

C’est vraiment le métier le plus cool du monde, tu passes ta journée sur Internet.

Cette remarque m’horripile au plus haut point. C’est un peu comme si on disait à une attachée de presse que son job est super cool parce qu’elle passe sa journée à lire Grazia, ou à un libraire qu’il est payé pour dévorer des prix littéraires.

Oui c’est vrai, je passe mon temps avec 10 000 onglets ouverts sur Facebook, Twitter, Hellocoton, Pinterest, Google Reader (plus pour longtemps) et consorts, bref, toutes les plates-formes que je dois gérer pour mes clients, ainsi que les différentes sources qui me permettent de me tenir suffisamment informée dans le domaine, qui, il faut le dire, évolue très rapidement. Internet est donc l’un des principaux outils nécessaires à ce métier.

Ce qui ne m’empêche pas de passer beaucoup de temps au téléphone avec mes clients, de voir des prestataires, de rencontrer des blogueurs pour préparer une opération en amont, d’aller visiter de nouveaux lieux pour des événements, de préparer des colis, d’être sur 3 PowerPoint en même temps pour finir les recos de la semaine, de faire de la compta (ouch), de stresser sur le bilan qui doit être envoyé avant 11h le lendemain (et qu’on est déjà 19h la veille). Tant d’autres choses, je ne vais pas vous lister ma to-do list dans cet article, mais c’est juste un peu énervant cette vision du CM autiste planqué derrière son ordi, qui passe sa journée le casque vissé sur Spotify à mater des vidéos de chats pour envoyer du LOL. (mais j’avoue, je kiffe les vidéos de chats).

Ca doit être trop cool, tu peux poster ce que tu veux sur les pages Facebook des clients.

Certaines marques sont beaucoup plus avancées que d’autres dans le domaine du digital et des médias sociaux et peuvent parfois laisser carte blanche à leurs community managers, mais jamais au début d’une collaboration.

Gérer une page de marque (sur Facebook ou autres), cela n’a rien à voir avec ce que l’on peut publier sur ses profils personnels. Certes, on peut penser qu’un CM poste 3 petites phrases rigolotes toutes les semaines sur la page de son client, mais on a tendance à oublier toute la partie immergée de l’iceberg : définir des chartes éditoriales, gérer l’achat d’art, anticiper les gestions de crise, valider des plannings rédactionnels, passer du temps sur des bilans, les monitorings, optimiser les contenus pour s’adapter à sa communauté, analyser la concurrence … Travail qui n’est pas visible et qui représente pourtant 90% du quotidien d’un CM.

C’est cool d’organiser des soirées blogueurs, tu peux inviter qui tu veux / tes potes !

Que les choses soient claires, depuis quelques années j’ai eu l’occasion d’organiser une bonne quarantaine d’évènements « blogs » pour des clients. J’ai donc rencontré beaucoup de blogueurs, issus d’univers très différents, certain(e)s avec lesquel(les) je me suis vraiment liée d’amitié, en qui j’ai confiance. Mais mes amis, mes « potes », ma « bande », ceux que je compte sur les doigts de la main, sont relativement peu présents sur les réseaux sociaux, une toute petite poignée est sur Twitter, c’est important pour moi de séparer les gens avec qui je travaille, que j’apprécie certes, mais ma « vie » est aussi ailleurs et je crois qu’il faut savoir parfois laisser de côté les « sentiments » lorsque l’on met en place un événement dans le cadre professionnel.

Dans la même veine, quel CM n’a jamais vu un tweet de ce style, au sujet d’un événement qu’il organise : « Ah ben non, je n’y vais pas, je n’ai même pas été invité ». Pas évident parfois de faire comprendre qu’on ne peut pas inviter tout le cercle d’amis d’un blogueur que l’on a invité, parce qu’on l’a identifié comme important, et que de nombreux détails logistiques ou autres font qu’on ne peut pas répondre à ce genre de demandes.

Mais alors, tu bosses 24h/24 ??

Je vous rassure, je dors (pas beaucoup c’est vrai) et j’ai même des RTT, que certains n’ont pas la chance d’avoir. Selon moi, c’est une aberration de penser qu’un CM ne déconnecte jamais de son ordi / de son iPhone. C’est en effet un métier dans lequel il faut être très réactif, où les blogueurs envoient des mails / des tweets jusque tard dans la soirée, et dans lequel la majorité est « ultraconnectée ». Mais un CM n’est pas un robot, c’est aussi quelqu’un qui a besoin de repos bien mérité, voire même de vacances 😉 La réactivité demandée dans le job et la gestion de crise éventuelle se gère avec un peu d’organisation qui doit avoir été pensée en amont (relai au sein d’une équipe, FAQ, process à mettre en place en cas de crise …)

Tu pourras regarder l’imprimante ? Elle ne fonctionne pas depuis ce matin.

Beaucoup de personnes ont tendance à faire le raccourci qui me laisse souvent interdite : CM = travaille dans « les » internets = sur des ordinateurs = geek = la personne parfaite pour réaliser la maintenance informatique. Le fameux syndrome du mouton à 5 pattes. Je n’ai aucun souci pour dépanner quelqu’un quand la situation est appropriée mais entendre des choses du genre « comme tu es douée en informatique » a le don de ne pas me rendre super serviable d’un coup (et en plus, mon père me surnomme « Brisefer »pour info) …

Hein, t’as pas dit à XXX d’ouvrir un compte sur Vinerest ?

Personne ne pourra dire le contraire, tous les mois un(e) nouveau(lle) appli / outil / site fait sensation sur les sites market/comm. On assiste alors à un flot d’articles du genre « Pourquoi votre marque doit aller sur Tumblr / Vine / Swipp » écrits par les experts en la matière. Très personnellement, j’ai plutôt tendance à être assez prudente lorsqu’il s’agit de recommander à un client un nouveau réseau dont on aurait entendu parler pour la 1ère fois un mois avant. Certes, c’est parfait pour avoir des articles dans la presse spécialisée et obtenir une visibilité RP. Le risque est, selon moi, de tomber dans l’éphémère d’un outil, sans avoir véritablement pensé à une véritable stratégie derrière. Vive les tests en sous-marin !

Alors j’avoue, listé comme ça, ça doit paraître un brin aigri comme article, mais je vous garantis que j’adore mon métier, qui évolue tout le temps, il doit encore être expliqué et surtout, défendu, mais c’est aussi pour ça que je l’aime !

Je profite aussi de cet article pour parler de celui qu’a écrit Anne Claire sur l’évolution des blogs beauté !

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Quand sa co(llègue)pine s’en va …

15 décembre 2009 par  
Classé dans A la Une, Lifestyle, Quotidien

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On le savait, on s’y préparait, mais bon, c’est quand même dur quand sa collègue d’enfer se barre. Même si c’est pour se lancer, qu’on sait que son business va marcher et qu’on a entière confiance en elle, n’empêche, le quotidien au boulot n’est plus le même. En arrivant pour son 1er jour, elle a tout de suite posé les bases en débarquant dans le bureau, armée d’un paquet d’un kilo de fraises Tagada.

Et là, j’ai tout de suite su que ce serait le début d’une longue histoire !

Et oui, quand on bosse en binôme, même sur des comptes clients différents, il n’y a pas de secrets, on est deux à se soutenir et c’est tout. Dans notre métier, nous sommes aussi bien conseillère en communication de crise (ou pas d’ailleurs), rédactrice à nos heures, organisatrices d’évènements, ou même assistantes sociales dans certains cas (je vous jure !), j’en passe et un peu de soutien de temps en temps, ça ne mange pas de pain. Même que bien souvent, l’amitié prend le dessus. Perso, des collègues qui se lèvent à 7h du mat un samedi pour être sur le pont le jour d’un évènement, j’en ai connu qu’une seule.

On n’est jamais trop de deux pour expliquer à des collègues qui ne connaissent pas notre métier ce qu’est un flux RSS, la différence entre un blog et un forum, que ce n’est pas parce qu’on bosse « dans le web » qu’on ne passe notre temps sur Facebook, Twitter et YouTube, et que oui, ces outils peuvent aussi s’utiliser de manière professionnelle.

Quand je dis « comment on fait pour mettre plusieurs flux dans mon aggrégateur », c’est la seule qui me répond.

A l’heure du déj, un seul regard suffit à se dire « H&M ? » « J’aurais bien besoin de chaussures » ou « ça fait longtemps que je ne suis pas allée à la cueillette aux fruits, dis donc … » (comprenne qui peut !)

En deux ans de temps, on n’a toujours pas réussi à se mettre d’accord si la station de métro « des crêpes » c’était Chaussée d’Antin Lafayette ou Havre Caumartin …mais on sait qu’on a réussi à sauver Starbucks France de la faillite grâce à nos caramel macchiatto et chocolate java chip quasi quotidien.

C’est bien la seule à supporter l’album de Yelle en une matinée (pour info, ça faisait exactement sept écoutes de l’opus).

Parce qu’en arrivant le matin, il n’y a plus personne pour me regarder d’un air malicieux comme pour dire « Oh toi ma cocotte, t’as pas bu que du diabolo hier soir … »

Maintenant, plus personne ne joue aux chocos-mitraillette quand on est en plein brief client au téléphone et je ne sais pas si les Pago fraise chez Jean le soir auront la même saveur …

Pour conclure je dirais que deux dindes ne font pas un aigle, ça c’est sûr … mais que ça fait sûrement de sacrées morues 😉

ticettac

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